Oui, tu peux en général utiliser ChatGPT ou un autre assistant d'IA pour ton mémoire, à condition que le texte rendu reste le tien et que tu déclares ton usage. Les chartes publiées par plusieurs universités tracent la même ligne : l'IA peut t'aider à chercher, comprendre et te relire, mais elle n'écrit pas à ta place. La règle de ton école, elle, passe toujours en premier.
Est-ce que ChatGPT est autorisé pour un mémoire ?
Tu n'es pas seul à te poser la question : dans une enquête Ipsos bva pour l'EPITA menée en janvier 2026 auprès de 1 000 étudiants en France, 94 % disaient avoir déjà utilisé l'IA. Les établissements ont donc commencé à écrire des règles.
Celles de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, de l'Université de Liège, de l'UCLouvain et de l'IHEC Carthage, en Tunisie, n'interdisent pas l'IA en bloc. Elles posent deux conditions : le travail reste le tien, et tu dis comment tu t'en es servi. Dans son document sur le mémoire, l'UCLouvain résume sa position ainsi : les IA génératives, oui, mais en les contrôlant.
La règle peut aussi changer d'un cours à l'autre. À Paris 1, chaque enseignant choisit pour son activité entre un travail sans IA, avec une IA encadrée ou avec un usage plus large.
Ce qui est permis, ce qui dépend de ton encadreur, ce qui est interdit
Pour t'y retrouver, classe chaque usage avec trois feux. Ce tableau résume les points communs des chartes citées en sources.
| Feu | Exemples d'usages | Ce que tu fais |
|---|---|---|
| Vert : toléré presque partout | Chercher des pistes et des mots-clés, planifier ton travail, te faire expliquer une notion, corriger l'orthographe d'un texte que tu as écrit, préparer ton oral | Tu déclares si ton école le demande |
| Orange : seulement avec l'accord de ton encadreur | Te faire proposer une structure, faire vérifier tes arguments, faire reformuler tes propres paragraphes au-delà des fautes, analyser tes données avec un outil d'IA | Tu demandes avant, et tu déclares toujours |
| Rouge : fraude ou plagiat | Rendre comme le tien un texte généré, faire écrire une partie ou ta revue de littérature, faire paraphraser le texte d'un autre auteur, citer une référence que tu n'as pas vérifiée | Tu ne le fais pas |
Les chartes sont nettes sur le rouge. À Paris 1, présenter un contenu généré comme le sien est un « manquement grave à l'intégrité académique ». À l'Université de Liège, « faire paraphraser par l'IA des textes écrits par d'autres relève du plagiat ». L'IHEC Carthage classe aussi parmi les fraudes le fait de faire générer un texte ou une synthèse de la littérature.

Dans le doute, demande-toi : est-ce l'IA qui a écrit une phrase que je vais rendre ? Si oui, tu es au moins en orange. Garde ce réflexe : « explique-moi », jamais « écris-moi ».
Comment utiliser l'IA pour ton mémoire sans tricher
Voici trois demandes que tu peux faire dès ce soir, avec ce qui reste ton travail. Remplace les crochets par ton sujet.
Chercher des pistes
« Quels mots-clés et quelles notions utiliser pour chercher des travaux sur [ton thème] ? »
Ensuite, c'est toi qui cherches les vraies sources dans Google Scholar, le catalogue de ta bibliothèque ou les bases de données de ton école. La charte de Paris 1 cite d'ailleurs « explorer des pistes » parmi les usages possibles quand l'enseignant autorise l'IA.
Comprendre une notion
« Explique-moi [notion] simplement, avec un exemple dans [ton domaine]. »
Comprendre des concepts difficiles est l'un des usages les plus courants chez les étudiants, d'après l'enquête Ipsos. Avant d'écrire la définition dans ton mémoire, retrouve-la dans ton cours ou dans un manuel : c'est cette source que tu cites, pas l'IA.
Relire ta langue
« Liste les fautes d'orthographe et de grammaire de ce paragraphe, sans le réécrire. »
Tu corriges toi-même. Ton texte garde ta voix, et tu restes dans le rôle d'« assistant linguistique » que l'Université de Liège accepte sans mention particulière, sauf consigne contraire.
L'IHEC Carthage tolère aussi l'IA pour planifier ton travail, et pour préparer ta présentation orale à condition de mentionner l'outil.
Pourquoi tu dois vérifier chaque référence donnée par l'IA
Un assistant d'IA peut fabriquer une référence qui a l'air parfaite. En 2023, deux chercheurs ont examiné 636 références produites par ChatGPT : 55 % de celles de GPT-3.5 et 18 % de celles de GPT-4 étaient inventées. En 2025, une autre étude a testé 400 références demandées à 8 assistants dans leur version gratuite : 26,5 % seulement étaient entièrement correctes, et 39,8 % étaient erronées ou inventées.
Les signes qui doivent t'alerter
- Un titre qui reprend presque mot pour mot ta question.
- Un auteur connu, mais un article que tu ne trouves nulle part.
- Un DOI qui mène vers un autre article, ou vers rien.
- Une revue, une année ou des pages qui ne collent pas ensemble.
Vérifier une référence en quelques minutes
- Cherche le titre exact entre guillemets dans Google Scholar ou le catalogue de ta bibliothèque.
- S'il y a un DOI, colle-le sur doi.org : il doit ouvrir le même article.
- Compare l'auteur, l'année, la revue et les pages avec la page de l'éditeur.
- Ouvre le texte, au moins le résumé, et trouve le passage qui dit ce que tu veux citer.
- Introuvable ? Supprime-la et cherche une vraie source.
Ne demande pas à l'IA si la référence existe. L'Université de Liège prévient : « L'IA peut dire des bêtises avec beaucoup d'aplomb ! » Seule une vraie base de données peut te le confirmer.

Comment déclarer l'usage de l'IA dans ton mémoire
Plusieurs chartes demandent une déclaration. À Paris 1, elle se fait selon les modalités fixées par l'enseignant : une note, une annexe ou un encadré méthodologique. Si ton école a son propre modèle, c'est celui-là que tu utilises. Sinon, voici une trame à recopier.
| Rubrique | Ce que tu écris |
|---|---|
| Outil et version | Le nom de l'assistant et sa version |
| Période d'utilisation | Du … au … |
| Ce que j'ai fait avec l'IA | Par exemple : chercher des mots-clés, comprendre des notions, corriger la langue de mes propres textes |
| Parties concernées | Par exemple : introduction, chapitre 2 |
| Ce que j'ai fait moi-même | La rédaction, l'analyse, le choix et la lecture des sources |
| Vérification | « J'ai vérifié chaque référence citée dans une base de données ou une bibliothèque. » |
| Engagement | « Je certifie que ce travail est personnel et que je peux en expliquer chaque partie. » |
Pour citer l'outil dans le texte, suis la norme de ton école. L'IHEC Carthage, par exemple, impose le style Harvard : « ChatGPT (2025) » dans le texte, et l'outil dans la bibliographie. Le modèle complet de déclaration, avec un journal d'usage à remplir au fil de l'eau, est dans le guide gratuit « L'IA et ton mémoire ».
À faire ce soir : ouvre l'historique de ton assistant et garde une copie des échanges qui ont servi à ton mémoire. L'UCLouvain demande de conserver ses prompts, et l'Université de Liège conseille de garder cet historique. Ensuite, note une ligne à chaque nouvel usage : la date, l'outil, ce que tu as demandé et ce que tu en as fait.
Que faire si ton école n'a pas de règle sur l'IA
C'est encore fréquent, en particulier en Afrique subsaharienne, où nous n'avons pas trouvé de charte publique d'université sur le sujet en novembre 2026.
- Cherche dans cet ordre : la consigne du mémoire, le guide du rapport ou du mémoire, le règlement des études, puis la charte de l'établissement.
- Si tu ne trouves rien, écris à ton encadreur avant d'utiliser l'IA, comme le prévoit l'IHEC Carthage, et garde sa réponse par écrit.
- Déclare quand même ton usage. Les règles sur le plagiat et la copie s'appliquent toujours : en Côte d'Ivoire, pour le BTS, « tout rapport présentant un contenu identique à celui d'un autre candidat sera automatiquement invalidé ».
Bonjour [Madame / Monsieur], pour mon [rapport / mémoire] sur [ton thème], je voudrais utiliser [outil] pour [usage précis]. Est-ce autorisé, et sous quelle forme dois-je le déclarer ? Merci.
Si ton encadreur interdit toute IA, c'est sa règle qui compte, même si un autre cours l'autorise.
Les erreurs à éviter
- Croire qu'un usage permis dans un cours l'est partout. Vérifie la règle de chaque travail.
- Demander « écris-moi » au lieu de « explique-moi ». Dès que l'IA écrit la phrase que tu vas rendre, tu quittes le feu vert.
- Faire reformuler un texte pour qu'il passe les logiciels anti-plagiat. Paris 1 le dit sans détour : paraphraser pour contourner la détection, c'est du plagiat.
- Coller n'importe quoi dans l'assistant. Paris 1 interdit d'y verser des documents internes ou des données d'autres étudiants. Applique la même prudence aux documents de l'entreprise où tu as fait ton stage.
- Compter sur un détecteur pour te rassurer. Pour l'Université de Liège, un détecteur n'est qu'un indice, et un enseignant peut te demander d'expliquer comment tu as écrit un passage. Garde tes brouillons et tes versions successives.
- Arriver à la soutenance sans maîtriser un passage. L'UCLouvain le rappelle : la défense orale vérifie que tu comprends ton propre travail.
Retiens l'essentiel : l'IA te montre le chemin, et c'est toi qui écris. Dans le doute, la règle de ton établissement et l'avis de ton encadreur passent avant tout ce que tu lis en ligne, y compris ici.
Questions fréquentes
Est-ce que mon prof peut savoir que j'ai utilisé ChatGPT ?
Un détecteur peut signaler un texte, mais pour l'Université de Liège ce n'est qu'un indice. Ton enseignant peut surtout te demander d'expliquer comment tu as écrit un passage, et la soutenance vérifie que tu comprends ton travail. Le plus sûr reste de déclarer ton usage et de garder tes brouillons.
Faut-il citer ChatGPT dans la bibliographie ?
Ça dépend de la norme de ton école : l'IHEC Carthage, par exemple, demande « ChatGPT (2025) » dans le texte et l'outil dans la bibliographie. Dans tous les cas, une définition ou un chiffre se cite depuis la vraie source où tu l'as vérifié, pas depuis l'IA.
Est-ce que je peux faire corriger les fautes de mon mémoire par l'IA ?
Dans les chartes lues, oui, tant que le texte de départ est le tien : l'Université de Liège accepte l'IA comme assistant linguistique, sauf consigne contraire. Demande une liste de fautes plutôt qu'une réécriture, et vérifie la règle de ton école.
Sources
- Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, « Charte IAg » (CA du 22 octobre 2026)
- Université de Liège, « Charte d'utilisation des intelligences artificielles génératives dans les travaux universitaires »
- UCLouvain (ESPO, PSAD), « Les IA génératives et le mémoire », 2025-2026
- IHEC Carthage, « Charte sur l'intégrité académique et l'usage raisonné de l'Intelligence Artificielle », 2025
- Walters et Wilder, « Fabrication and errors in the bibliographic citations generated by ChatGPT », Scientific Reports, 2023
- Cabezas-Clavijo et Sidorenko-Bautista, « Assessing the performance of 8 AI chatbots in bibliographic reference retrieval », 2025
- Ipsos bva pour l'EPITA, « Les étudiants face à l'IA », février 2026
- Fraternité Matin via AllAfrica, « Soutenance de BTS session de décembre 2026 », octobre 2026
Les règles de ton établissement (format, normes, usage de l'IA, durée de soutenance) passent toujours en premier.